Une lueur d’espoir

Une lueur d’espoir

Ce sont des feuilles de Bananier qui recouvrent le domicile de Rkiya et Leila. Si vous étiez passés par là, vous n’auriez peut-être pas vu la « maison », car Rkiya et sa fille unique habitent depuis des années dans une maison de fortune faite de tôle et de bric à brac et adossée au seul mur en dur de leur habitation, qui est en fait celui d’un bâtiment abandonné voisin. Et comme si cette situation n’était pas déjà assez terrible, les deux malheureuses vivent sur un terrain qui ne leur appartient pas et peuvent être renvoyées à tout moment.

En réalité, Rkiya a grandi dans cette baraque de fortune. Son père les y avait installés elle, sa mère et ses frères et sœurs lorsque Rkiya était encore petite fille. Ses parents décédés et ses frères et sœurs partis dans d’autres villes, Rkiya s’y est installée avec son conjoint lorsqu’elle s’est mariée, car son mari, maçon à l’époque, n’avait pas les moyens de leur louer une maison. Quelques temps après, Rkiya tombe enceinte, et son mari la quitte. « Je suis revenue un jour à la maison raconte-elle très émue, et je ne l’ai pas trouvé. Je ne l’ai plus jamais revu ». Rkiya se rappelle de la date de ce jour-là avec précision.

Sans même avoir le temps de faire le deuil de sa vie, précaire, soit, mais sous la protection d’un mari, Rkiya a dû se retrousser les manches car son enfant n’allait pas tarder à naître. De ménages en crédits et grâce à l’aumône et à l’aide de passants, la jeune femme courageuse parvient tant bien que mal à faire vivre sa petite fille Leila née quelques temps après. « La pharmacie d’à côté m’a offert tous les jours le lait avec lequel je pouvais nourrir ma petite fille. Cela m’a beaucoup aidée » se souvient-elle.

Mais les années passent et la situation de Rkiya et de sa petite fille demeure extrêmement difficile. Elles n’ont très souvent pas de quoi manger. Leila va à l’école, mais c’est à la bougie qu’elle fait ses devoirs à la maison, puisqu’il n’y pas d’électricité. « Pour l’eau, nous explique Rkiya, je vais me servir au niveau de la commune. Je rapporte quelques bidons. »
C’est grâce à l’un des professeurs de Leila que Khadija la responsable du programme de renforcement familial de Médiouna apprend l’histoire de Rkiya et de sa fille. Après leur avoir rendus visite elle décide immédiatement de les faire entrer dans le programme.

« Mon quotidien a énormément changé depuis que j’ai rencontré l’association » nous raconte Rkiya émue, ce matin-là, lorsque nous sommes allés la rencontrer. « Le plus important pour moi est que ma fille puisse avoir une bonne scolarité. Grâce à l’association, Leila suit des cours de soutien scolaire, et elle a tous les livres et les fournitures dont elle besoin. Sans compter que lorsqu’ elle est malade je n’ai plus à m’inquiéter comme je le faisais auparavant pour pouvoir lui acheter ses médicaments ou l’emmener chez le médecin. Quel soulagement… ! »
« Et puis moi j’apprends à faire de la pâtisserie » continue-t-elle. « J’espère pouvoir en faire mon métier une fois que j’aurais terminé ma formation. Pour l’instant, la recette que je réussis le mieux est celle des sablés » dit-elle en souriant.

Car le sourire et la lumière qui transparaissent sur leurs deux visages sont étonnants. Malgré l’adversité, Rkiya et sa maman sont heureuses de pouvoir compter l’une sur l’autre et de nous offrir un thé pour discuter de leur entrée dans le programme, qui leur permet d’entrevoir une lueur d’espoir et peut-être une nouvelle vie.
Rkiya est également inscrite à des séances d’alphabétisation avec des partenaires de l’association. Cela lui permettra notamment de pouvoir tenir son commerce une fois qu’elle aura terminé son apprentissage. Elle est très assidue et fait en sorte de ne rater aucune activité.

« Les dons ponctuels de nourriture que nous offre l’association sont aussi inestimables, et nous permettent très souvent de joindre les deux bouts conclut-elle. Mais malgré tout, vous savez ce que je retire de tout cela, c’est que finalement cette aide que nous recevons est bien plus que matérielle. Grâce à SOS Villages d’Enfants, j’ai retrouvé ma dignité. »

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Posté le

1 août 2018