Un changement spectaculaire

Un changement spectaculaire

Lorsqu’il est arrivé au village d’enfants SOS, le petit Karim avait deux ans, et il semblait comme absent. Malgré les sollicitations de ses frères et sœurs de cœur, les jeux tous ensemble, et les câlins de Saida sa mère SOS, Karim ne semblait pas connecté au monde qui l’entourait. Le petit garçon ne parlait jamais et interagissait très peu, à tel point que Saida se demandait s’il n’avait pas des problèmes moteurs.

Durant toute sa période d’adaptation au village, Saida lui prodigua beaucoup d’amour et de soins constants, accompagnée souvent de Khadija, l’assistante familiale qui avait accueilli Karim en l’absence de Saïda, et à laquelle le petit garçon était habitué.Avec bienveillance, c’est Saida qui lui chantait une berceuse avant d’aller se coucher, elle encore qui venait le réveiller le matin pour lui faire un câlin. « Je voulais qu’il comprenne au plus profond de lui-même que nous l’aimions et qu’il comptait pour nous. Nous le sollicitions souvent » se souvient-elle. « Pour des jeux, pour apprendre à faire des gâteaux, ou regarder les dessins animés en famille. Les enfants étaient ravis d’avoir un bébé à la maison et c’était à qui s’en occuperait le premier. Quant à moi, je faisais en sorte de lui accorder constamment beaucoup de temps et d’attention. »  A force d’amour, de proximité et de soins quotidiens, le petit garçon commença à s’épanouir doucement.

Et un jour enfin, Karim se mit à parler. Ce jour-là, il fit toute une phrase correcte, et ce du premier coup : « Regarde, maman arrive ! » dit-il le plus normalement du monde, s’adressant à sa grande sœur, alors qu’ils regardaient par la fenêtre Saida en train de revenir du marché.
Depuis ce moment, le comportement du petit garçon changea du tout au tout. Vif, éveillé et rieur, il devint le boute-en-train de la maisonnée !

Cette année, c’était la première rentrée scolaire de Karim en petite section. Comme vous pouvez l’imaginer, tout le monde, à commencer par lui-même, attendait cet évènement avec impatience.
« Déjà se souvient Saida, lorsqu’il m’accompagnait pour aller chercher ses frères et sœurs à l’école l’année dernière il me demandait constamment : « Maman, quand est-ce que j’irai à l’école moi aussi » ? »

Le jour de la rentrée, Karim était le premier à sortir en courant de la maison. Bien coiffé, impeccable dans son uniforme avec son nouveau cartable sur le dos il était magnifique à voir ! « Il m’a dit au revoir très vite sans même m’embrasser, se souvient Saida avec amusement, alors que d’habitude il adore les câlins ! Je pense qu’il avait peur que je ne le garde à la maison ! »
Aujourd’hui, le petit bonhomme a véritablement trouvé sa place dans sa famille et plus largement dans la vie. Il est très attentif au rythme de la maisonnée et veut tout faire comme ses frères et sœurs. Alors le soir, quand arrive l’heure d’aller au lit, il choisit un livre dans la bibliothèque, comme les autres, et, du haut de ses deux ans et demi, il dit à sa maman : « Bonne nuit maman, je vais lire un peu ».

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Posté le

1 août 2018