Un avenir prometteur

Un avenir prometteur

 

“Je pense que tout arrive pour une raison” nous dit Adil lorsque nous l’interrogeons sur son parcours depuis son enfance passée au sein de SOS Villages d’Enfants.  Adil a aujourd’hui 38 ans et déjà un long parcours professionnel derrière lui. L’année dernière il a créé sa propre entreprise, dans son secteur de prédilection, celui des énergies électriques.
Nous avons voulu en savoir plus et sur ce qui a fait les clés de son succès en tant que jeune entrepreneur et sommes allés le rencontrer dans son bureau. Mais lisez plutôt.

Tu as été élevé dans une famille SOS depuis l’âge de tes six ans, et aujourd’hui tu es devenu un homme indépendant. Peux-tu nous parler de ton enfance au sein de l’association?

J’ai vécu mon enfance dans le village d’enfants SOS d’Aït Ourir. C’était une enfance heureuse et formatrice, à plusieurs niveaux. En fait il y a tellement de choses à dire que je ne sais pas par quoi commencer.
En 1985, j’avais 6 ans lorsque j’ai intégré le village. A l’époque je n’avais aucune idée de ce à quoi ressemblerait mon parcours. J’ai été élevé avec 7 frères et sœurs au milieu de 10 autres familles SOS dans le même village. SOS Villages d’Enfants m’a donné un abri, une éducation, une bonne santé et la plus belle des familles que j’aurai rêvé avoir, avec en plus, bien sûr, tout un système extrêmement bien organisé qui a favorisé mon épanouissement.
L’école publique était de niveau moyen à l’époque alors nous avions des cours particuliers en plus au village et aussi d’autres activités artistiques et sportives.
J’ai participé également à plusieurs ateliers lorsque j’étais jeune, grâce à l’association, comme des ateliers de mécanique, de photographie, de charpenterie, ou d’agriculture. D’ailleurs c’est comme cela que ma passion pour l’ingénierie a commencé ! J’ai assisté à un atelier en électronique je devais avoir 11 ans, et j’ai adoré. J’ai construit ma première radio à l’âge de 12 ans !
L’approche mise en place par SOS Villages d’Enfants nous permet d’être psychiquement et physiquement solides pour dépasser notre passé, nous construire une personnalité, et nous préparer pour l’aventure qu’est la vie.
Je savais qu’un jour ma vie au village serait du passé alors j’ai eu envie de faire le meilleur usage de toutes ces opportunités que nous avons eues grâce à l’association. C’est pour cela que j’ai dédié toute mon énergie et mon temps à mes études et que j’ai pu obtenir mon diplôme en tant qu’ingénieur.

As-tu un souvenir d’enfance préféré?

Oh, j’en ai beaucoup ! J’aimais en particulier les cours de français que le directeur du village nous donnait dans le jardin. C’était souvent après le coucher du soleil. Nous nous asseyions tous en cercle sur l’herbe, et la nature autour était magnifique. On faisait le cours mais c’était aussi le moment où le directeur nous prodiguait des leçons de vie. Nous pouvions discuter de manière informelle de sujets qui nous tenaient à cœur. J’adorais cela.

Est-ce que tu peux nous décrire ton parcours éducatif?

J’ai eu mon baccalauréat en sciences expérimentales en 1997 puis j’ai reçu une bourse d’études de l’institut Supérieur du Génie Appliqué (IGA) et j’y ai obtenu mon diplôme d’ingénieur. J’ai aussi eu la chance par la suite de bénéficier d’une bourse de l’université Berkeley en Californie, où j’ai passé une année au département d’ingénierie électrique et des sciences informatiques (EECS).

Comment as-tu décidé de créer ta propre entreprise?

En 2003, j’ai commencé à travailler comme ingénieur de terrain pour une entreprise basée à Casablanca. J’ai eu l’opportunité de voyager dans plusieurs pays en Afrique pour le travail. J’ai ensuite évolué et je suis devenu manager technique dans la même entreprise.
L’idée a commencé à germer après ma dixième année dans l’entreprise. J’étais très loyal envers mon employeur et ai contribué à beaucoup de ses succès. Au départ, l’idée de quitter l’entreprise ne m’avait pas du tout effleurée. Néanmoins, je pense que chaque chose arrive pour une raison. Parce que je voulais faire plus pour ma vie, pour ma famille, pour la communauté. J’ai ressenti que j’avais atteint les limites de ce que je pouvais apporter dans mon travail et que j’avais besoin d’un nouveau challenge.
En 2017 encouragé par mon épouse, j’ai créé ma propre compagnie, CSTransfo. Nous faisons de la maintenance industrielle et de la réparation de transformateurs électriques entre autres activités. L’entreprise a reçu ses premières commandes deux mois seulement après sa création. Aujourd’hui mes clients sont les entreprises du secteur de l’énergie, des mines, du gaz mais aussi du secteur de l’industrie au Maroc et en Afrique du nord, de l’est et de l’ouest.

Comment as-tu réussi à gérer les aspects financiers de la création de ton entreprise?

J’ai utilisé mes économies. Je commence vraiment petit et l’entreprise grandit naturellement aujourd’hui. Bien sûr, avec des moments difficiles mais aussi beaucoup de moments de bonheur et de succès.

Si tu avais un message pour les jeunes en général et pour les jeunes qui grandissent au sein de SOS Villages d’Enfant, quel serait-il?

Je dirais que la beauté de la vie c’est que nous soyons tous différents. Cela se traduit d’ailleurs par notre ADN qui est unique. Alors mon conseil aux jeunes serait : Acceptez ce que la vie vous a donné, et faites-en le meilleur, transformez-le en quelque chose de positif. Armez-vous d’une bonne éducation et diffusez une énergie positive dans la communauté.
Pour les jeunes qui grandissent au sein de SOS Villages d’Enfants, mon message est de ne pas gaspiller la chance qu’ils ont d’être au sein de cette association, d’en faire le meilleur usage possible et puis de rester dans le bon chemin. Ils doivent garder en tête qu’il y a beaucoup d’enfants qui grandissent dans des situations très difficiles et qui n’ont pas la chance d’être à leur place.

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Posté le

1 août 2018