Leila et Réda à nouveau réunis

Leila et Réda à nouveau réunis

L’année dernière, Leila, avait connu une étape importante de sa vie : pour se rapprocher du  spécialiste qui effectue son suivi médical à Casablanca, Laila avait dû déménager du village d’enfants SOS d’Agadir,  vers le village d’Enfants SOS de Dar-Bouazza au cours de l’année scolaire. Grâce aux soins prodigués, Leila avait pu retrouver bien être et équilibre. Aussi, le déménagement, qui impliquait pour Leila de quitter son ancienne famille SOS et d’en intégrer une nouvelle, s’était bien déroulé, et la fillette avait trouvé sa place au sein de sa nouvelle famille.

Mais vous connaissez l’adage, un seul être vous manque et tout est dépeuplé. En effet, Leila a un petit frère Réda d’un an son cadet. Les deux frères et sœurs étaient très proches et Leila avait un rôle très protecteur envers son petit frère. Réda n’a pas déménagé avec sa sœur car il était en milieu d’année scolaire et il semblait préférable pour lui d’attendre la fin de l’année pour la rejoindre. Mais Réda non plus ne supportait plus d’être éloigné de sa grande sœur. Il était triste et la pleurait souvent. Alors pour le bien être de Réda et celui de Leila, le déménagement du petit garçon a été planifié, sans attendre l’année suivante. L’école où sont scolarisés les enfants du village de Dar Bouazza a aussi joué le jeu et accepté de recevoir Réda en milieu d’année. Sans cela, le déménagement n’aurait pas pu se faire.

Des retrouvailles tant attendues

C’est donc avec beaucoup d’excitation que Réda a pris l’autocar, en compagnie de sa mère SOS Nadia, pour rejoindre sa sœur. Cela faisait de longs mois que Leila attendait ce moment et la petite fille ne tenait plus en place ce jour-là. Quand il est enfin arrivé, Leila était bouleversée de le voir là devant elle. Elle pleurait et riait en même temps. « Nous avons tous pleuré à ce moment-là. Ils étaient tellement heureux de se retrouver. Je n’ai pas de mots pour décrire ce que nous avons ressenti. Mais une chose est sûre, c’est qu’il y a beaucoup d’amour entre eux », nous a confié Zohra. Leila et Réda ont été entourés par les autres enfants du village, qui voulaient faire la connaissance du nouveau venu. Les jours suivants, Leila n’a pas quitté son frère d’une semelle, voulant s’occuper entièrement de lui. Elle voulait lui donner à manger et l’aider à s’habiller. Mais Réda a grandi depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Il est même aujourd’hui plus grand que Leila de taille et le lui a fait savoir. « Je ne suis plus un bébé. Je suis assez grand pour manger tout seul », lui a-t-il dit à maintes reprises. Mais Leila n’en pas vraiment tenu compte et a continué de longues semaines à chouchouter son petit frère.

Nouveau village, nouvelle école

Les premières semaines de transition n’ont néanmoins pas été faciles pour Réda. Il avait besoin de trouver de nouveaux repères. La mère SOS Zohra, qui s’occupe à présent de lui, a bien vu qu’il n’était pas bien. Elle a donc demandé à ce qu’il voit plusieurs spécialistes. Réda a ainsi été vu par un psychologue et un orthophoniste. Zohra lui a également accordé beaucoup d’attention. Cette mère SOS expérimentée a réussi à gagner sa confiance. Et le changement a été aussi spectaculaire que rapide. « Le petit garçon réservé et distant s’est révélé câlin et dynamique. Et à l’école, il a commencé à s’appliquer. Sa maîtresse a été agréablement surprise », me confie Zohra. Réda s’est même inscrit à l’atelier de calcul mental, alors qu’il n’avait pas voulu le faire à son arrivée. En l’espace de quelques semaines, il a réussi à devenir l’un des plus forts du groupe. Il a même endossé le rôle d’assistant de l’éducateur qui anime l’atelier et c’est lui qui arrive le premier maintenant et aide à installer le matériel !

Une famille élargie

Certaines familles SOS ont à présent deux mères SOS. La nouvelle famille de Réda en fait partie. Le petit garçon vit aujourd’hui avec 6 frères et 2 sœurs, sous l’œil attentif et bienveillant de Zohra et Zahra. Les deux mères SOS s’occupent des enfants à tour de rôle. Réda les appelle « Khalti ». Au cours des derniers mois, il s’est particulièrement rapproché de Zohra qui remplit peu à peu dans son cœur la place laissée par sa première mère SOS restée à Agadir. A la maison, le petit garçon s’est bien entendu avec ses nouveaux frères, sauf sur un sujet épineux. S’ils sont tous fans de football, les garçons de la maison soutiennent des équipes différentes. Alors, le jour où ces équipes se rencontrent, l’ambiance au sein de la maison est garantie. « Pendant les matchs, c’est la folie à la maison. Les enfants crient après les joueurs et les arbitres, comme s’ils pouvaient les entendre », raconte Zohra. Malheureusement pour Réda, son équipe ne gagne pas toujours ! Mais cela n’empêche jamais le petit garçon de rejoindre ses frères dans la cour du village pour jouer une partie de football et prendre ainsi sa revanche.

Prendre en considération l’intérêt supérieur de chaque enfant et ses besoins mais aussi réunir les fratries biologiques sont des principes forts qui guident nos actions au quotidien. L’histoire et le parcours de Leila et de Réda témoignent de notre volonté de prendre en compte l’intérêt de chaque enfant afin de lui permettre de se développer au mieux, en grandissant avec son histoire et ses racines.

Compétences

Posté le

31 mai 2017